Un Beethoven peu connu par de jeunes prodiges !

SELECTION MARIE-JO

C’est en 1812 que Beethoven achevait sa 10ème et dernière Sonate pour Piano et Violon. Une révolution dans le genre… C’était également l’année de sa lettre passionnée à une femme anonyme, die Unsterbliche Geliebte, et quatorze ans après la publication de ses Trois Premières Sonates opus 12. Le violoniste Lorenzo Gatto, 2e prix au concours musical international Reine Élisabeth en 2009 et le pianiste Julien Libeer, qui a étudié avec Daniel Blumenthal (Conservatoire de Bruxelles) et est artiste associé à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth,  deux jeunes talents belges vont jouer ces 10 sonates durant trois soirées dans la magnifique salle de Flagey. Découvrez au cours de ce concert comment le style de Beethoven a changé au cours des années, depuis sa 1ère Sonate, dédiée à Antonio Salieri, jusqu’à la 10ème Sonate charmante. Une avanture musicale passionnnante !

C’est toujours un plaisir de constater que de génération en génération, l’amour de la musique dite ‘classique’ perdure. Le violoniste Lorenzo Gatto et le pianiste Julien Libeer réenchante ce monde trop souvent vu comme abscon. Leur passion est communicative. « On se connaît depuis longtemps, mais cela fait précisément 3 ans que le directeur de Flagey nous avait proposé d’interpréter ces sonates. Pourquoi nous ? Je crois qu’il a senti que nos sensibilités allaient s’accorder, explique Lorenzo Gatto. Mais pour aborder un tel monument musical, comment s’y prend-t-on ? « En effet, en général, ces pièces sont jouées par des musiciens plus âgés ou avertis. On a donc pris cela comme un challenge. Il faut savoir que Beethoven a le premier donné autant d’importance au violon qu’au piano dans ces sonates. Techniquement, c’est très exigeant. Mais au-delà de l’image un peu sombre qu’on a du pianiste allemand, il faut s’imaginer le compositeur faire des duels de piano ou des improvisations à Vienne ! », s’exclame Julien Libeer. Un Beethoven méconnu ? Un showman ? «  A l’époque on fonctionnait à l’applaudimètre !  Ce n’est qu’aujourd’hui que l’on a sélectionné les meilleures œuvres devenues ‘classiques’». D’où l’idée de sanctifier ces artistes ?

En tous cas, ici on dépoussière grâce à l’enthousiasme du duo qui se défend d’avoir tenté une synthèse des interprétations précédentes. « On a abordé les sonates dans l’esprit du jeune Bethooven qui a commencé à les composer dans sa vingtaine. On revendique une certaine naïveté dans notre approche », insiste Julien. « On apprend pas à peindre en regardant le Joconde ! Ecoutez en boucle ce qui a été fait avant nous n’aide pas. Au contraire ! ». On sent bien que les deux artistes ont plongé à corps perdu dans ces sonates. Il faut incarner physiquement la partition. Presque la ré-inventer. De l’intérieur.

Mais comment savoir alors si l’œuvre est maîtrisée ? « C’est comme une convinction. On le sent. L’œuvre pénètre votre corps. Il faut répéter pendant des heures », répond avec profondeur Lorenzo. La technique n’existe pas ? selon une vidéo où apparaît la mentor de Julien Libeer, l’immense pianiste Maria João Pires. « Et Cecila Bartoli dirait le contraire. Et les deux ont raison ! », dit en riant Julien.

La réponse à toutes ces belles questions en suspend durant les Beethoven Violin Sonatas au Studio 4 à Flagey, du 10 au 12 avril 2016’.

Info et tickets : www.flagey.be – 02 641 10 20