«On va vous changer la ville!»

Tel était le slogan de campagne des libéraux lors des élections communales d’octobre 2012, qui les ont remis à la tête de la Ville de Bruxelles, en alliance avec le PS.

Et c’est ainsi que depuis deux ans, la libérale Marion Lemesre est aux commandes des Affaires économiques, l’un des échevinats les plus importants de la Ville de Bruxelles en termes de défis à relever, mais aussi de politiques à construire. En effet, ses compétences allant du commerce à l’emploi, en passant par la formation, l’économie et le stationnement, ce sont autant de matières qui concernent directement la vie de tous les Bruxellois, et qui, en outre, vont de pair.

L’un des chantiers auxquels elle s’est directement attaquée n’est autre que la reconstruction d’une véritable politique des Affaires économiques à la Ville de Bruxelles. Une compétence qui a été totalement délaissée par les deux majorités précédentes, et dont avait été exclu le MR.

Une vacuité qui a fait des dégâts

Cette politique du vide a occasionné de nombreux dégâts : « Les départements de l’urbanisme, de la propreté ou encore de la police n’avaient plus d’interlocuteur au niveau de l’administration, ce qui a été dommageable pour les commerces. Les chantiers étaient organisés sans tenir compte de l’existence de commerces, tout comme la politique de sécurité et de mobilité. Résultat, de nombreux commerces ont dû mettre la clé sous le paillasson. On a assisté à une mutation de l’offre commerciale vers le bas de gamme et à son uniformisation, appauvrissant du même coup le tissu économique de nombreux quartiers. En premier lieu, il a donc fallu restructurer l’administration afin de nous repositionner comme un partenaire crédible vis-à-vis des autres départements. »

Ce laxisme a modifié le visage de nombreux quartiers, le changement d’affectation des commerces n’ayant plus fait l’objet d’un contrôle suffisant. Du coup, des rues autrefois commerçantes, comme les boulevards du centre, ont vu leurs enseignes passer dans les mains d’exploitants de night shops, de gift shops ainsi que d’établissements de restauration bas de gamme, et ce jusqu’à saturation. « La législation existait mais elle n’a plus été appliquée durant plusieurs années… Ces changements d’affectation sont aujourd’hui repris en main, en collaboration étroite avec mon collègue de l’Urbanisme, Geoffroy Coomans de Brachène, afin d’éviter de commettre les mêmes erreurs. Nous travaillons également au développement d’outils permettant de jauger la plusvalue apportée par un nouveau commerce dans un quartier ou sur une artère commerçante. Des signaux forts sont à présent donnés par le Collège, c’en est terminé de faire n’importe quoi en termes d’offre commerciale dans cette ville! » tonne Marion Lemesre.

L’accompagnement des porteurs de nouveaux projets est une autre priorité de l’échevine MR. Entreprendre. Brucity (ASBL de promotion du commerce créée et mise en place sous la nouvelle majorité), mais également le Guichet d’économie locale ainsi que JobYourself sont autant de structures dont le but est d’accompagner les jeunes entrepreneur : « Nous souhaitons donner la possibilité à des commerces plus pointus et plus ambitieux de s’installer dans le centre de Bruxelles. De jeunes artisans qui en s’installant dans un quartier, vont permettre à ce même quartier de se forger une nouvelle identité. L’uniformisation de l’offre commerciale durant ces dernières années a en effet provoqué une perte d’identité de nombreuses artères commerçantes. Il faut donc travailler à la renaissance de ces quartiers, et l’une des solutions passe par l’arrivée d’un nouveau type d’activité, tout en préservant la qualité de vie des habitants. »

Des grandes et petites enseignes ouvertes le dimanche

Autre grand chantier lancé par Marion Lemesre: la reconnaissance en tant que zone touristique du Pentagone bruxellois, afin que puisse se mettre en place une dérogation au repos hebdomadaire. 

« Le but ici n’est pas de lancer un débat sur la réforme du droit du travail, ni de compromettre les droits acquis par les travailleurs, mais bel et bien de donner plus de souplesse aux commerçants du cœur touristique de la capitale en les autorisant à ouvrir 7 jours sur 7, comme cela se fait dans des dizaines de grandes villes européennes. C’est pourquoi seul le Pentagone est visé, cette zone concentrant, en région bruxelloise, tous les critères à vocation touristique. Une demande a été introduite en ce sens, auprès du Ministre fédéral des Classes moyennes, ce qui permettra aux commerçants, en cas d’accord, de disposer d’une plus grande marge de manœuvre pour organiser leurs activités. Entendons-nous, il s’agit bien - dans le périmètre limité de la petite ceinture - de provoquer un ‘électrochoc’ de relance de l’attractivité commerciale, qui, couplé à l’aménagement piéton des grands boulevards entre la Bourse et De Brouckère, va permettre au centre historique de la région bruxelloise de mieux faire face à la concurrence des centres commerciaux de deuxième couronne et de périphérie, ainsi que du commerce en ligne, et, du même coup, de doper l’emploi local. Une relance commerciale qui concourra à une relance économique, mais qui passe indéniablement par des mesures fortes en termes de propreté, de sécurité et de requalification de l’espace public. »

«Donner plus de souplesse aux commerçants du cœur touristique... »

Attirer une clientèle en désamour avec sa ville

La relance commerciale passe bien entendu aussi par le retour d’une clientèle plus aisée dans le centre-ville, qu’elle provienne de Bruxelles, de Belgique ou de l’étranger. Pour rivaliser avec les grands centres commerciaux ou avec les outlets, Bruxelles se doit d’être dotée d’une offre intelligente en parkings: des emplacements de stationnement placés là où cela s’avère nécessaire, afin de pouvoir accéder aux commerces en toute simplicité mais aussi de répondre à la demande de stationnement privé de nombreux riverains. « Le retour de la clientèle va rimer avec le retour de la classe moyenne » prédit Marion Lemesre, en se voulant résolument optimiste.

Cela passe aussi par une meilleure formation des vendeurs et des personnes qui sont amenées à accueillir cette nouvelle clientèle, que cela soit en termes de qualité du service, mais aussi de polyvalence linguistique.

Enfin, l’attractivité de Bruxelles passe aussi par une atmosphère unique, qu’il faut impérativement mieux mettre en valeur: « Contrairement à Londres ou Paris, Bruxelles demeure une ville à dimension humaine, qu’il est plus facile de s’approprier que les métropoles voisines. L’expression Small is beautiful colle très bien à l’image de Bruxelles, qui est une ville dont l’originalité voire le luxe est à portée de main. Une ville où l’on trouve des enseignes qui ont forgé leur excellence parfois au fil de plusieurs générations. C’est ce que la récente cérémonie de la remise des Labels du Commerce de la Ville de Bruxelles à une trentaine de commerçants bruxellois a voulu saluer. C’est ce que je souhaite mettre en avant en soutenant l’identification forte de certains quartiers avec le concept Only in Brussels destiné à mettre en avant cette créativité typiquement bruxelloise, ainsi qu’une tradition d’excellence. Car finalement, quand on se rend compte à quel point le commerce structure la ville mais combien aussi il peut la déstructurer quand il n’est pas encadré et qu’il ne fait pas l’objet d’une stratégie, c’est terriblement enthousiasmant de se dire que oui, aujourd’hui, la Ville de Bruxelles est repartie dans le bon sens! »

www.marionlemesre.be