Le rendez-vous des passionnés d'art

Durant ces cinq jours, Bruxelles sera le rendez-vous incontournable pour tous les passionnés d’art, les conservateurs de musées ainsi que les collectionneurs du monde entier.

Une centaine d’antiquaires internationaux, parmi les plus importants dans leur spécialité respective, sera concentrée dans le quartier du Grand Sablon, permettant à tout un chacun de passer d’un univers à l’autre, sans devoir parcourir plusieurs kilomètres. Une situation unique au monde, qui permet à Bruxelles d’être plus attractive que les foires de Londres ou de New York.

C’est la plus ancienne foire internationale d’art non européen (couvrant l’Afrique, mais également l’Océanie et l’Indonésie). Celle-ci rassemble 52 exposants internationaux, et propose cette année deux événements exceptionnels. Didier Claes, son président, nous rappelle comment Bruneaf a vu le jour: « Peu le savent mais dans les années 80, les grandes ventes publiques étaient organisées à Amsterdam, et Bruxelles faisait du coup office d’étape pour tous les Parisiens se rendant ou revenant de ces ventes organisées aux PaysBas. Antiquaires et collectionneurs ont pris l’habitude de se retrouver dans la capitale belge, ce qui a fini par déboucher sur un événement à part entière, organisé à l’initiative de Pierre Loos. »

Celui-ci imagine alors un concept de parcours, plutôt qu’une foire intra-muros, où les antiquaires tant belges qu’étrangers ont la possibilité d’exposer leurs œuvres dans une série de galeries partenaires. Un lieu de rencontre unique en son genre, où ceux qui se passionnent pour les arts venus d’ailleurs sont mis en contact et où le côté commerçant n’apparaît pas comme prioritaire. « Le succès a été tel, qu’aujourd’hui Paris a repris le même principe, avec son Parcours des mondes. Mais Bruneaf conserve des atouts extraordinaires: l’événement est organisé en juin, et se tient donc généralement sous le soleil, tandis que tout est concentré dans un périmètre qui n’excède pas un kilomètre carré. On bénéficie donc d’une convivialité dont les autres villes ne peuvent se targuer » ajoute Didier Claes.

Le succès a été tel, qu’aujourd’hui Paris a repris le même principe...

Bruneaf a aussi fait des petits à Bruxelles : la Baaf et plus récemment l’AAB, qui elles aussi conservent le même principe d’organisation. Il était donc tout naturel d’organiser ces trois événements en même temps, d’autant qu’initialement, ils visent trois publics différents : « Depuis deux ans, nous avons renforcé la synergie entre les trois événements, ceux-ci rassemblant désormais une centaine de marchands. C’est que, bien souvent, un amateur d’art est ouvert aux autres formes d’art que celle qu’il affectionne le plus. A ce titre, ces trois foires constituent un événement absolument unique au monde, Bruxelles devenant, durant une semaine, la place mondiale de l’art non européen. »

un événement absolument unique au monde...

Plus pratiquement, cette synergie permet aussi de mutualiser les coûts, tant en termes de communication, que de vernissages et de production de catalogues (ces derniers étant envoyés gratuitement à plus de 6.500 personnes). En outre, Bruneaf n’est pas un événement uniquement marchand. En effet, Didier Claes a tenu à offrir aux passionnés un complément à la fois culturel et scientifique: « Si on n’opte pas pour un thème spécifique à chaque édition, nous avons décidé d’organiser chaque année en parallèle une grande exposition, comme les chefs d’œuvres de Nouvelle-Guinée en 2014, et, pour cette édition anniversaire, une exposition hommage reprenant une sélection des meilleures pièces vendues par les participants à Bruneaf depuis 25 ans.

Cette exposition exceptionnelle sera organisée à l’Ancienne Nonciature, un lieu lui aussi hors du commun, qui fut l’ambassade du Vatican au XIXe siècle.» Deux conférences sont organisées dans la foulée: l’une sur l’art angolais, conduite par Julien Volper, conservateur adjoint au Musée royal de l’Afrique central de Tervuren, et l’autre sur l’art africain de ses débuts à aujourd’hui, avec ici deux experts belges. A noter aussi la présence d’un invité d’honneur de prestige : la Fundação Sindika Dokolo, de Luanda, qui a pour but de transmettre la culture africaine sous toutes ses formes, en collaborant avec des musées occidentaux. Une collection africaine d’art (et non pas une collection d’art africain), complétée par un ensemble important d’art classique. Une 25e édition de la Bruneaf qui promet une fois encore d’être exceptionnelle!