Sculpteur d’espaces

Après des études à l’Académie des Beaux-Arts de Liège et des expositions de design, Antoine Pinto ouvre son 1er restaurant en 1976. Un concept déjà très intéressant : deux maisons ouvrières séparées par une cloison en verre. 

« Je pars du projet en lui-même, de sa fonction, de son environnement puis de là j’imagine l’espace qui en sera la solution »

Après l’architecture d’intérieure d’une banque et d’autres espaces, il part à la conquête de Bruxelles avec son désormais mythique Belga Queen et, notamment, l’impressionnantes cliniques Sainte-Elisabeth et Saint-Michel ou le Sofitel Louise et son Crystal Lounge . Monsieur Pinto prend 5 minutes de son précieux temps pour nous parler de son métier, ou plutôt de ses métiers, de son processus créateur qui a signé les plus beaux espaces, extérieurs ou intérieurs d’Europe. Approche globale et respect de l’environnement historique et culturel.

« Je suis un sculpteur d’espaces », annonce d’emblée Antoine Pinto, traçant une transversale à travers l’architecture, le travail d’architecte d’intérieur et le design. « En effet, j’aborde à ma manière un espace à dessiner dans ses volumes et ses contours, du simple fait que je dessine aussi bien le mobilier que l’environnement qui va sertir qces objets design. L’un renvoie à l’autre. Je ne peux séparer les deux : c’est un va-et-vient créateur. Un processus conceptuel complet qui dépasse le domaine précis d’un architecte d’intérieur par exemple ». Tel un artiste, il pense de manière holiste aussi bien les matériaux, que les espaces, aussi bien les textures des objets que les teintes des surfaces. Des touts, des harmonies. « L’espace qui représente au mieux mon travail est la Pakhuis à Gand. J’y ai dessiné aussi bien l’immeuble que le moindre détails des portes, des meubles ou des luminaires. Et même le logotype ! » L’œuvre totale. 

Ce qui caractérise encore le travail d’Antoine s’exprime aussi dans sa manière de respecter l’environnement naturel, historique et culturel de la ‘situation’ où il va intervenir. « Encore une fois un bon exemple est la Pakhuis puisque maintenant les propriétaires communiquent sur le fait que c’est un immeuble ancien, de patrimoine, alors que je l’ai pensé totalement. Ce n’est pas une rénovation ! Bien sûr dans ce cas je travaille avec une équipe d’architectes pour les questions d’ingénierie. Mais je manage tout ». En effet, cet hangar est troublant d’authenticité avec ses 60 colonnes en fonte !

Il y aurait donc un style Pinto dans la création d’espaces où le client se sent ‘chez lui’. Rappelons l’extraordinaire dentelle moyenâgeuse bruxelloise qui inspire le grand mur à l’entrée du Sofitel Louise. Mais cette approche est valable aussi au Portugal (d’où Monsieur Pinto est originaire). « Je travaille actuellement sur un chais, et la récup l’espace de création du maître de chais en vin. Je dessine un bâtiment dans la vallée du Douro et la récupération de deux immenses bâtiments de docks de plus de 5000m2 à Lisbonne pour les transformer en restaurant et salle polyvalente. Encore une fois, le concept est global. Je pars du projet en lui-même, de sa fonction, de son environnement puis de là j’imagine l’espace qui en sera la solution »

Après plus de 100 projets dans le secteur de la restauration et de l’hôtellerie, Pinto est incontestablement devenu l’architecte d’intérieur incontournable sur la scène de l’HORECA

Ch. de la Grande Espinette, 170b - B-1640 Rhôde-St-Genese
+32 2 502 01 37
www.pintoandco.be